Documents pour «Mémoire»

Brises

De Enrique Ramirez

12min45

Un homme marche sans s’arrêter dans la rue, traverse la route, s’engage dans un bâtiment imposant. La caméra le suit, le précède, l’accompagne. Un impressionnant plan séquence de 10 minutes qui nous mène au travers de la Maison du Gouvernement chilien, du sud vers le nord. En chemin, on croise des gardes, une femme dans un bassin rempli d’eau, des chiens errants. En surimpression, une voix-off égraine des bribes de souvenirs, de pensées, de sensations. C’est un choc, à la fois esthétique et émotionnel. Même sans identifier tous les symboles, on sent confusément le poids de l’Histoire qui pèse sur Brises. Ce film travaille principalement sur la mémoire d’un lieu qui fut le scénario du Coup d’État et du retour à la démocratie, ce lieu qui a été le berceau des tragédies et des joies de tout un peuple.

La quemadura

De René Ballesteros

1h05min24

La mère est partie du Chili vers le Venezuela depuis 26 ans, ses deux enfants ne l'ont plus revue. Elle leur manque ; elle a disparu dans le silence de leur père et celui de la grand-mère qui les a élevé. La seule trace physique qu'elle leur a laissé est une bibliothèque composée des livres de la maison d'édition « Quimantú », livres interdits pendant la dictature militaire chilienne. Les enfants ont grandi : le frère est cinéaste, la soeur est bibliologue. Ils vont essayer de comprendre, de récupérer, de réparer, de donner un corps à la voix téléphonique de leur mère pour en finir avec l'envoûtement du membre fantôme de la famille.

Cantor dust man

De Sebastien Loghman

06min27

Au contact d’une saveur qu’il a autrefois connue, un homme est emporté par le flot de sa pensée. Envahi par la pluralité de son être que ce souvenir révèle, il pénètre dans les profondeurs de sa mémoire, explorant les confins de son univers intérieur.   Site du film : http://cantordustman.com/

L'heure du berger

De Pierre Creton

38min58

Pierre Creton habite la maison d'un ami décédé il y a sept ans. Son film recoud l'aujourd'hui à cet avant la mort sur un mode fantastique.

Voyage autour de ma chambre

De Olivier Smolders

25min53

Retiré dans sa chambre, un cinéaste parle des territoires et des voyages, réels ou imaginaires, qui l'ont fait ou qui l'ont défait. A partir d'images récoltées au fil des années, Voyage autour de ma chambre interroge d'une façon poétique la difficulté de chacun à trouver sa juste place au sein du monde.

Le Trou Fi Haza al-Bayt

De Akram Zaatari

30min45

Quand les milices baissèrent les bras face à l’armée Libanaise, en 1991 à la fin de la guerre du Liban, Ali – un membre de la résistance Libanaise – écrivit une lettre aux propriétaires de la maison que son groupe avait occupée depuis six ans, après qu’elle soit devenue la ligne de front, pour leur souhaiter un bon retour chez eux, et leur assurer qu’ils s’étaient bien occupés de leur propriété. Il plaça la lettre dans un obus de mortier B-10 et l’enterra dans le jardin. En Novembre 2002, Akram Zaatari pris sa caméra vidéo et, accompagné d’un jardinier, il partit pour son village familial, Ain el Mir afin de déterrer la lettre d’Ali.

La bataille d'Alger

De Yves Boisset

56min52

"Que reste-t-il aujourd’hui de la bataille d’Alger dans la mémoire collective ? Sans doute le souvenir d’une victoire militaire à peu près totale des paras de massu et des « Berets rouges » de Bigeard sur le FLN . Mais aussi le souvenir d’une immense défaite politique et morale qui devait sceller le sort de l’Algérie française. Une défaite de l’honneur et de l’éthique qui révéla au grand jour la pratique de la torture par l’armée française. Une défaite stratégique, enfin, qui servit de ferment à la mobilisation du peuple algérien contre « l’occupant français »."

L'autre 8 mai

De Yasmina Adi

53min41

Le 8 mai 1945 est une date clé pour l’histoire de France. Chaque année, on célèbre la victoire sur l’Allemagne nazie. De l’autre côté de la Méditerranée, en Algérie, ce jour de gloire est un jour de deuil. Dans la liesse de la victoire en 1945, des Algériens ont revendiqué leur volonté d’indépendance. Ils subiront durant plusieurs semaines une violente répression conduite par l’armée française. Elle fera des milliers de victimes. Mais soixante ans plus tard, la répression du printemps 1945 en Algérie recèle encore de nombreuses zones d'ombres. Yasmina Adi a retrouvé de nombreux documents inédits, des archives du gouvernement français et des services secrets anglais et américains. Elle est allée à la rencontre de ces hommes et ces femmes qui ont vécu et subi cette répression. Elle donne la parole aux témoins français, algériens, ainsi que le premier reporter arrivé sur les lieux. Cette enquête lève le voile sur les mécanismes et les conséquences de cette répression coloniale. Cet autre 8 Mai 1945 est aux origines de la guerre d’Algérie.

Le soldat inconnu vivant

De Joël Calmettes

46min02

Pendant tout l'entre-deux-guerres, un homme fascine l'opinion. Sa photo fait régulièrement la une des journaux. Il inspire des écrivains, des dramaturges et des cinéastes : Giraudoux, Drieu la Rochelle, Anouilh, etc. Son nom : Anthelme Mangin. Son surnom : "Le Soldat inconnu vivant". Son histoire : celle d'un soldat qui en 1918 revient amnésique d'un camp de prisonniers en Allemagne. À peine son existence est-elle révélée qu'elle rencontre immédiatement la douleur de trois cent mille familles de disparus de la guerre qui n'arrivent pas à faire leur deuil... Par dizaines, des femmes, des mères, des pères, des frères, des sœurs, des enfants, vont le reconnaître comme étant des leurs. Au mépris de son physique, de son âge, de son éducation... C'est à coups de procès qu'une dizaine de familles vont essayer d'obtenir sa reconnaissance. Seule la deuxième guerre mondiale viendra interrompre ces procédures... Baladé d'asile en asile pendant toutes ces années, c'est à Sainte-Anne, seul et abandonné de tous, qu'il s'éteindra en 1942... Mangin, au milieu des années folles, est une sorte de mort-vivant, un spectre qui hante les consciences. Sans jamais s'exprimer. Sans porter de jugement. Sans rien réclamer.

Retour sur la RC4

De Xavier de Lauzanne

52min31

Tonkin, octobre 1950, le haut commandement français décide d’évacuer le poste de Cao Bang, difficilement défendable sous la pression des troupes de Mao. Le repli par la RC4, Route Coloniale n°4, sera une tragédie pour l’armée française. Vietnam, octobre 2000, 50 ans après ce désastre, un groupe d’anciens combattants se rend sur les lieux des plus durs combats.   Ils ont 70 ans et retournent, malgré leur âge et parfois dans des conditions difficiles, sur les pas de leurs vingt ans. Les Vietnamiens, eux, fêtent une victoire. Le Colonel Dang Van Viet, parfait francophone, était le commandant du front de la RC4. Il avait 30 ans à cette époque, il en a maintenant 80. Après avoir assisté aux cérémonies officielles de Cao Bang, il retrouve le groupe de français afin de parcourir avec eux la RC4 jusqu’à Langson.

Izkor, Les esclaves de la mémoire

De Eyal Sivan

1h37min12

"Izkor" signifie "souviens-toi" en hébreu, et c'est sur cet impératif dicté aux enfants d'Israël que s'interroge le film. Au mois d'avril, en Israël, les fêtes et les commémorations se succèdent. Les enfants des écoles, du plus petit au plus grand, se préparent à rendre hommage au passé de leur pays. La mémoire collective devient alors un outil terriblement efficace pour la formation des jeunes esprits. IZKOR, c'est la société israélienne comme on ne l'a jamais montrée, c'est trente jours de la vie d'un Etat vivant au rythme des pulsations de sa mémoire. Ce film, primé dans de nombreux festivals internationaux, nous propose une analyse passionnante et sans complaisance des bases de l'Etat hébreu.

Saint-Louis, ville d'Afrique

De Philippe Clevenot

48min43

Au cours d'une errance dans la cité Saint Louis, un comédien en tournée découvre ce qui reste de l'ancienne capitale de l'Afrique occidentale française. Plusieurs femmes de la ville lui racontent leurs propres souvenirs inspirés de la présence française en Afrique noire.