Documents pour «Portrait»

Astrid Hadad, la môme téquila

De Aurélie Semichon

55min18

Le vent de la révolte souffle dans les cabarets populaires de Mexico. Sur scène, Astrid Hadad part à l’assaut : "Pas de quartier ! À bas l’indécrottable macho, vive le péché et Qué viva México !" Extravagante, iconoclaste, Astrid fustige l’incohérence du genre humain et mexicain dans un délire dévastateur qui vise toujours la même cible : une société machiste figée dans ses valeurs. Porte-voix de toutes les femmes mexicaines, Astrid en révèle aussi les multiples visages. Elle a le trait acéré et provoque avec force un public qui ne se fait jamais prier pour réagir. La scène de cabaret devient alors le théâtre de la société. Portant un regard singulier sur le Mexique d’aujourd’hui, ASTRID HADAD, LA MÔME TEQUILA est avant tout le portrait d’une femme libre.

Traces de guerre

De Bruno Florentin

27min41

Si la profession de démineur est essentiellement masculine, on y trouve néanmoins une dizaine de femmes dans le monde dont 4 bosniaques. Deux d’entre elles, Amela, 28 ans, mère de deux enfants, et Raza, 37 ans, célibataire, travaillent en duo : quand l’une démine, l’autre observe pour prévenir l’accident et intervenir si besoin est. « Traces de guerre » est l’histoire d’un combat. Un combat contre une arme sournoise, invisible, qui tue même en temps de paix.

Où sont nos amoureuses

De Robin Hunzinger

57min32

Deux jeunes provinciales, Emma et Thérèse, étudiantes puis professeurs dans les années 30, tentent de construire une vie commune à la fois engagée et amoureuse. L’été 35 elles font « le voyage en URSS » et songent à adopter un enfant. Leur émancipation va se transformer en apprentissage douloureux, puis en épreuve du feu. À leur rupture, en 1940, Emma, mariée, vit dans une Alsace annexée par l’Allemagne nazie. Thérèse s’engage et joue un rôle important dans la Résistance, en Bretagne. Arrêtée par la Gestapo, elle meurt sous la torture en 43. Elle n’a pas parlé. A partir de correspondance, de documents et d’archives des années 30 et 40, le réalisateur (petit fils d’Emma) rassemble les morceaux brisés de ces deux vies et montre le destin de ces deux femmes en le replaçant dans le contexte historique de l’entre-deux guerres, puis de l’Occupation en France.

Monory in blue

De William Streik

54min43

Précurseur du mouvement figuratif français lancé aux Etats-Unis par des peintres comme Andy Warhol, Jacques Monory a développé, au fil du temps son propre style et inventé une nouvelle manière de peindre, impliquée, anti-académique et originale, à la fois fictive et narrative. A partir de clichés photographiques, de technique de collage et de montage, il réinterprète le monde qui l'entoure et le baigne dans un univers bleu monochrome. La présence du peintre lors de l'ouverture du centre George Pompidou, où une pièce entière lui est consacrée montre l’intérêt que suscite son oeuvre et la place importante que l’artiste tient dans le paysage culturel français. Ce film est l'occasion de mettre en lumière ce peintre français encore peu connu du grand public.

Le voyage de G. R. Cordingley

De Yves Legrain-Crist

25min46

Un canot de sauvetage dans la brume. Nous sommes à Terre-Neuve à la fin du XIXème siècle. Dans le canot, les survivants d’un naufrage. Parmi eux, un homme aux traits fins, différents des autres. L’homme est peintre. Il s’appelle Georges Ricard Cordingley. Quelques mois auparavant, cet homme à moitié mort de faim, et de froid, pitoyable, était la coqueluche de la cour d’Angleterre, peintre préféré de la reine Victoria. Comment en est-il arrivé là ?

Marcel Ophuls, Parole et Musique

De Bernard Bloch

53min56

Fils du cinéaste Max Ophuls, Marcel Ophuls est un cinéaste à la fois reconnu et méconnu. Dans sa maison de Lucq de Bearn, "au pied des montagnes qui lui ont sauvé la vie", Marcel Ophuls a accepté d’assister à la projection d’extraits choisis de quatre de ses films (Le Chagrin et la pitié, The Memory of justice, Hôtel Terminus, Veillées d’armes), et d’en discuter, en vue d’en tirer peut-être un "discours de sa méthode"... En interpellant à l’écran témoins ou protagonistes, le cinéaste ne cherche pas tant à leur faire évoquer des faits passés qu’à juger au présent des circonstances ou des actes commis alors. L’écran devient un espace public où se confrontent visions d’hier et d’aujourd’hui, jugements des spectateurs et des interviewés. Au lieu de simplement regarder passer les trains de l’Histoire, les films de Marcel Ophuls nous engagent à juger de nos comportements.

Andre S. Labarthe De la tête aux pieds

De Isabelle Rèbre

44min28

Dans les années 60 André S. Labarthe part avec une équipe de télévision à Los Angeles et filme John Cassavetes, John Ford, Alfred Hitchcock, Josef von Sternberg, etc... Depuis cette époque et la création de "Cinéma de notre temps", à la liste des cinéastes sont venus s'ajouter des noms de peintres, de danseurs, d’écrivains. Faire le portrait d'un portraitiste, c'est regarder le geste plutôt que le modèle. Choisir de le faire au moment où l'homme réalise un documentaire sur Antonin Artaud, c'est s'engager dans une histoire en abîme. Dans ce portrait- essai, Labarthe nous ouvre ses portes, faisant apparaître les pièces d'un puzzle, jeu à multiples faces où je est un autre. La règle appliquée ici est la suivante : découper deux ou trois morceaux choisis dans le corps de sa filmographie et en saisir un mouvement qui va de la tête aux pieds.

Thierry Escaich, au miroir de J.S Bach

De Bernard Bloch

50min46

Proposer à un compositeur d’aujourd’hui de présenter son œuvre et son univers d’inspiration « au miroir » d’un musicien du passé qui lui est spécialement apparenté, tel est le moteur de « Thierry Escaich au miroir de J.S. Bach ». Thierry Escaich (né en 1965) est compositeur et organiste, titulaire de l’orgue de Saint-Etienne du Mont à Paris. Remarquable improvisateur, il interprète aussi à l’orgue ses propres compositions ainsi que les pièces du répertoire classique, en particulier celles de Bach. Enseignant, il transmet à ses étudiants l’art de la fugue et de l’improvisation au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Composer, improviser, enseigner, « animer » la liturgie le rapprochent ainsi de la vie musicale de J.S. Bach il y a trois siècles. A travers le commentaire qu’il donne de sa propre musique et la captation de ses concerts - son interprétation de la Passacaille en ut mineur de Bach, ses improvisations qui rythment le film et, point d’aboutissement du film, une œuvre chorale de 6 minutes, Exultet - ce documentaire éclaire peu à peu sa création : le goût profond pour la vitalité rythmique, l’architecture chorale, l’éloquence sous toutes ses formes, la méditation et l’austérité, avoisinant l’expression la plus éblouissante.

VHS Kahloucha

1h13min18

Nejib Belkadhi suit le tournage d'un film amateur qui est l'œuvre de Moncef Kahloucha, peintre en bâtiment tunisien et fan des films d’Alain Delon et de Clint Eastwood, qui produit en amateur et sort en VHS des remakes loufoques de classiques du cinéma dans lequel il joue le rôle principal aux côtés des habitants du quartier populaire de Kazmet à Sousse. Il produit ses films, de A à Z, et les tournages sont l'occasion pour les habitants désargentés de son quartier d'échapper à leur quotidien morose et de vivre des instants intenses, de la préparation jusqu'à la projection dans le café du coin. Tarzan des Arabes, film dont le tournage constitue la trame du documentaire, remporte un vif succès à Sousse.

Cuba, l’art de l’attente

De Eduardo Lamora

1h20min28

Trente ans après en être parti, Eduardo Lamora retourne à Central Guatemala, son village natal à Cuba, où le temps semble s'être arrêté depuis la fermeture de l'usine de sucre, l'ancien poumon économique local. Qu'est-il advenu de cette grande utopie de la société sans classes qu'était la Révolution, à l'heure où se profile la disparition de Fidel Castro ? État des lieux à travers le portrait d'une famille ; si les vieux, comme son père, chantent encore la gloire de 'Papa', les autres disent leurs difficultés, leurs frustrations, leurs désillusions, mais aussi leurs ruses pour grignoter quelques espaces de liberté.

Sundarbans, les îles du silence

De Isabelle MILLARD

25min41

Personne ne s'aventure dans les îles du silence, au large du delta du Gange, car c'est le ventre de l'enfer, dit-on à Calcutta. Terrifiés par les féroces tigres mangeurs d'homme, les crocodiles et les cobras, les oubliés de l'archipel des Sundarbans y survivent pourtant. Avec crevettes et miel pour toute ressource, ils affrontent malaria, paludisme, choléra, tuberculose, cyclones, bêtes sauvages et indifférence. L'un d'entre eux, Mohammed Abdul Wohab, ancien terroriste maoïste devenu avocat après des années de prison, a tout abandonné pour secourir ces parias rejetés de tous, mais son dispensaire ne suffisait pas aux 54 îles, aussi a-t-il organisé des tournées hebdomadaires avec 4 bateaux hôpitaux qui sillonnent inlassablement les eaux du delta pour soigner d'île en île, les plus éprouvés. bord de l'un d'eux, le "City of Joy I", nous partons pour ce stupéfiant périple à travers une jungle de marais étranges et insalubres…

Le chant de la seconde

De Bernard Bloch

34min15

A Gentilly, sa ville natale, Robert Doisneau visite ce qui sera son futur cénotaphe, l’ancien hôtel du Paroy. Il se met en scène devant sa chambre noire en reprenant la pose de certaines de ses photos célèbres : le boucher, un clochard, Picasso, Anita, … A travers ces récits d’instantanés, il nous livre sa vision des hommes et des femmes.